Covid-19 — Consultation sans frais à distance (vidéo ou téléphone) ou en personne (dans le respect des règles sanitaires), selon votre préférence. — Prenez rendez-vous.

Le fossé financier creusé par la pandémie

Les gagnants et les victimes de la pandémie

À chaque année depuis 14 ans maintenant, l’Association canadienne de la paie effectue un sondage auprès de plus de 5 000 employés à travers le Canada sur leur situation financière. Le dernier a été rendu public le 29 septembre dernier et il est très intéressant.

À la lecture du sondage, ce qui frappe, c’est le clivage économique entre gagnants et perdants.

À preuve, on parle d’un taux d’épargne moyen des Canadiens qui fut trois (3) fois plus élevé en 2020 qu’en 2019, de 5% du revenu net à 15% en quelques mois seulement! Pendant ce temps, 36% des répondants canadiens disent vivre d’un chèque de paie à l’autre et 43% des répondants canadiens disent être submergés par leurs dettes.

Même si, au Québec, nous obtenons les meilleurs résultats, il n’en reste pas moins que certains semblent avoir profité davantage des effets non prévus de la pandémie. Qui plus est, ce sondage ne visant que les gens qui ont un emploi, dont 90% à temps plein, nous pouvons imaginer que le sort des chômeurs est encore bien pire.

Les gagnants 
  1. On sait que le télétravail a favorisé les emplois dans les secteurs déjà très favorisés au niveau des salaires: comptables, avocats, banquiers, services-conseils, etc. Ces personnes n’ont donc pas subi l’impact négatif des employés oeuvrant dans la restauration, l’hébergement, le tourisme et le commerce de détail qui, avec des salaires moins élevés, ont donc été doublement pénalisés par les effets de la pandémie.
  2. Ces personnes avec de plus gros revenus sont également bien souvent des personnes ayant des placements en bourse. Or, entre le 1er janvier 2020 et aujourd’hui, le S&P 500 (New York) a augmenté de 33% alors que le TSX (Toronto), de 17%. Ces rendements records accentuent davantage le fossé entre ceux qui auront profité de la pandémie et les autres.
  3. Comme on le sait, ceux qui étaient propriétaires de leur maison, au moment où la pandémie a frappé, ont vu la valeur de leur propriété augmenter en moyenne de 16% en 2020 et, selon les prévisions de Desjardins, pourraient profiter d’un autre 20% d’ici la fin de l’année. Si ces prévisions s’avèrent justes, on parle d’une plus-value de près de 40% en moins de 2 ans! Pendant ce temps, les locataires eux, font les frais d’une pénurie de logements et d’une explosion dans le prix des loyers. 
Les victimes 
  1. Aux premières loges de ceux qui ont été le plus touchés, on retrouve bien sûr, les gens qui ont perdu leur emploi à la suite du confinement. Malgré les abus dont on a fait grandement état, les programmes de soutien tels que la PCU et les autres qui ont suivi ont permis, pour une majorité des bénéficiaires, de mettre de la nourriture sur la table et d’assumer leurs obligations financières de base. «Selon nous, le problème avec ces programmes n’a pas été le montant de la prestation mensuelle, mais plutôt le manque de contrôles par la suite. En effet, pour les personnes seules et celles qui ont assuré le soutien familial, ce n’est pas avec 2 000$ par mois brut qu’ils se sont enrichis.»
  2. La flambée des prix de l’immobilier a enrichi les propriétaires existants, mais elle a rendu l’immobilier beaucoup moins accessible pour les premiers acheteurs. En effet, ceux-ci ne peuvent compter sur le profit de la vente d’une maison pour en acheter une autre. Ils sont donc obligés de financer l’achat avec des hypothèques dont les soldes sont beaucoup plus élevés qu’avant la pandémie. L’équilibre budgétaire pourra-t-il être maintenu lorsque les taux commenceront à augmenter?
Limiter les impacts de ce fossé grandissant

Nous savons que la société se porte mieux lorsque la différence entre les mieux nantis et les moins bien nantis n’est pas trop importante.

Or, la pandémie a créé un déséquilibre important qui devra être corrigé rapidement afin de permettre à ceux qui ont été les plus touchés de demeurer motivés à travailler et confiants en l’avenir.

La bonne nouvelle est qu’en raison de la pénurie de main-d’œuvre, les personnes aptes peuvent compter sur des emplois offrants des salaires de plus en plus intéressants. Pour ceux dont les compétences ou l’expérience ne sont pas enlignées avec les besoins du marché de l’emploi, les gouvernements devront miser moins sur des mesures temporaires comme les prestations et davantage sur les programmes de formation et requalification. 

Pour éviter que le fossé ne se creuse davantage, nous devons compter non seulement sur une reprise économique forte, ce qui est déjà le cas, mais surtout nous assurer que les personnes les plus touchées par cette pandémie y participent et profitent des retombées. 

Ne les oublions pas et ne laissons personne derrière.