Covid-19 — Consultation sans frais à distance (vidéo ou téléphone) ou en personne (dans le respect des règles sanitaires), selon votre préférence. — Prenez rendez-vous.

Doit-on éviter la proposition ou la faillite pour sauver son dossier de crédit?

Comparaisons des impacts au dossier de crédit entre les personnes ayant opté pour une proposition ou une faillite par rapport à ceux qui ont tenté de s'en sortir seuls.

La peur des impacts d’une faillite sur le dossier de crédit est de loin la plus grande préoccupation des clients que nous rencontrons. En effet, l’inscription d’une faillite à son dossier de crédit pendant 6 ans (7 ans pour TransUnion) ou d’une proposition, pendant 3 ans après la fin de celle-ci, en fait réfléchir plus d’un et retarde la prise de décision qui, dans certains cas, est malheureusement inévitable.

La grande question est donc: La faillite ou la proposition sont-elles plus dommageables sur le dossier de crédit que le statu quo?

La Federal Reserve de l’état de New York a publié une étude à ce sujet en 2015 pour évaluer les impacts d’importantes modifications apportées à leur loi sur la faillite 10 ans plus tôt. Ils ont ainsi voulu évaluer les impacts d’une faillite à trois égards: le pointage du dossier de crédit, l’accès au crédit et les recours hypothécaires.

Leur étude a porté sur la situation financière de 2,5 millions d’américains considérés comme «en situation de délinquance sur leurs paiements» ou «insolvables» et ce, sur une durée de 2 ans. En ayant accès aux données de leurs dossiers de crédit (sans possibilité d’identifier les personnes afin de protéger la confidentialité des dossiers), ils ont pu ainsi comparer comment les personnes ayant opté pour une proposition ou une faillite s’en sont sortis par rapport à ceux qui ont tenté de s’en sortir seuls.

Un meilleur dossier de crédit 

Bien que ceux qui ont fait une proposition ou une faillite ont eu, dans les premiers mois suivant le début de leur faillite, un pointage plus bas que les autres, cette situation n’a été que passagère. Dans les faits, après seulement quelques mois, leur pointage dépassait celui des autres personnes surendettées et à partir de la fin de la faillite, s’est maintenu en moyenne de 40 à 80 points au-dessus du pointage de l’autre groupe (note: un pointage «moyen» est d’environ 680). Or, ce pointage plus élevé s’est traduit par un meilleur accès au crédit. En effet, l’étude démontre que ceux s’étant sortis d’une faillite ont eu un taux d’acceptation de 15 points de pourcentage de plus que ceux qui n’avaient pas fait une proposition ou une faillite.

Moins de risques de perdre sa maison 

Aux États-Unis, comme au Canada, une personne qui fait faillite a le droit, sous certaines conditions, de conserver sa maison et sa voiture dans la mesure où elle continue de payer l’hypothèque ou le prêt-auto. Or, l’étude démontre également que les gens insolvables ont été plus nombreux à avoir subi un recours hypothécaires et donc à avoir perdu leur maison que ceux qui ont opté pour la faillite ou la proposition. Ceci peut s’expliquer par le fait que régler à rabais ses dettes de consommation laisse inévitablement une plus grande marge de manœuvre pour respecter ses paiements hypothécaires.

Conclusion

Lorsqu’une personne est aux prises avec des difficultés financières autres que passagères, la proposition ou la faillite peuvent constituer une porte de sortie tout à fait légitime et bénéfique à moyen et long terme. Selon notre expérience, et l’étude de la Federal Reserve tend à le confirmer, lorsque les problèmes financiers sont insurmontables, il est parfois préférable de prendre son courage à deux mains et donner un coup de barre que de demeurer dans l’impasse.

 

Référence:

Federal Reserve Bank of New York: Insolvency after the 2005 Reform, April 2015

https://www.newyorkfed.org/medialibrary/media/research/staff_reports/sr725.pdf