La hausse du paiement minimum des cartes de crédit: où en sommes-nous aujourd’hui?
En résumé:
- Depuis 2025, le paiement minimum des cartes de crédit au Québec est fixé à 5% du solde, une réforme instaurée pour réduire le coût de l’endettement
- Un paiement minimum plus élevé permet de rembourser les dettes plus rapidement et de payer moins d’intérêts, mais il peut aussi exercer une pression supplémentaire sur le budget des ménages.
- Pour éviter que les intérêts s’accumulent, il est préférable de rembourser le solde en totalité lorsque possible et de demander de l’aide dès que les paiements deviennent difficiles à assumer.
Depuis 2025, toutes les cartes de crédit émises au Québec sont désormais assujetties à un paiement minimum de 5% du solde. Cette mesure est l’aboutissement d’une réforme amorcée en août 2019 afin de mieux protéger les consommateurs contre les coûts élevés de l’endettement.
Un retour sur les changements des dernières années
En 2018, le gouvernement du Québec a modifié la Loi sur la protection du consommateur pour réduire les conséquences du paiement minimum sur les cartes de crédit.
À l’époque, plusieurs consommateurs ne versaient que le minimum exigé, qui était souvent fixé à 2% ou 3% du solde. Bien que ces paiements semblaient abordables, ils avaient pour effet de prolonger le remboursement sur plusieurs décennies et de faire exploser les frais d’intérêt.
La réforme prévoyait donc 2 mesures:
- Toutes les cartes de crédit émises à compter du 1er août 2019 devaient exiger un paiement minimum de 5% du solde.
- Pour les cartes émises avant cette date, le paiement minimum devait augmenter graduellement de 0,5% par année, jusqu’à atteindre 5% en 2025.
Cette période de transition est maintenant terminée et la règle est la même pour toutes les cartes visées.
Par exemple: Prenons un solde de 5000$.
Avec un paiement minimum de 5%, le versement minimal est désormais de 250$ par mois, contrairement à 150$ avant les hausses annoncées. Il s’agit d’un montant plus élevé qu’auparavant, mais qui permet aussi de diminuer plus rapidement le capital dû et de limiter les intérêts.
Pour plusieurs ménages, toutefois, cette augmentation survient alors que les dépenses essentielles (logement, alimentation, assurances et services) occupent déjà une part importante du budget. Résultat: certains consommateurs peinent à respecter ce paiement minimum et doivent parfois recourir à une autre forme de crédit pour y arriver. De plus, c’est une tuile de plus pour les gens qui ont des marges de crédit et hypothèque à taux variables.
Pourquoi augmenter le paiement minimum?
L’objectif de cette réforme était simple: permettre aux consommateurs de rembourser leur dette plus rapidement et de réduire les intérêts payés.
Lorsque le paiement minimum était fixé à seulement 2%, il n’était pas rare que le remboursement d’une dette s’échelonne sur plusieurs dizaines d’années. Dans certains cas, les intérêts versés dépassaient largement le montant initial emprunté.
En obligeant des paiements minimums plus élevés, le gouvernement souhaitait réduire ces situations où une dette de quelques milliers de dollars pouvait finir par coûter le double, voire davantage.
Ainsi, pour une dette de 1000$ qu’on payait à coups de versements minimums de 2% en 2018, cela représentait plus de 2000$ en frais d’intérêt seulement. C’est 2 fois plus que le solde initial! C’est un miroir aux alouettes, car on laissait croire qu’un achat de 1000$ pouvait facilement être remboursé à raison de 20$ par mois. Ce faisant, les gens ne se rendent pas toujours compte du coût astronomique en intérêts qui y est rattaché. Pour le même montant, avec un paiement de 5%, ce coût diminue à 442$.
Lorsque les paiements minimums étaient de 2%, il n’était pas rare de voir des estimations de remboursement de la dette étalées sur plus de 80 ans! Pour toutes ces raisons, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a décidé de forcer les institutions financières à sabrer les frais d’intérêt en leur imposant une hausse du paiement minimum.
Le véritable coût d’une carte de crédit
Les cartes de crédit demeurent l’une des formes de financement les plus coûteuses. Les taux d’intérêt réguliers se situent encore généralement autour de 20%, et certaines cartes affichent des taux encore plus élevés.
Utilisée comme moyen de paiement et remboursée en totalité chaque mois, une carte de crédit est un outil pratique et sécuritaire. En revanche, lorsqu’elle sert à financer des dépenses courantes, les intérêts s’accumulent rapidement.
Nous vous invitons à utiliser notre outil pour calculer le coût de vos cartes de crédit.
Pourquoi les cartes de crédit sont-elles aussi populaires?
Alors, pourquoi y a-t-on autant recours? Pour plusieurs, y compris l’auteur de ces lignes, la carte de crédit est un mode de paiement à la fois pratique et sécuritaire. Or, lorsque la facture arrive, si on a le choix, soit on se serre la ceinture pour payer la totalité du solde, soit on s’en tient au paiement minimum requis. Bien souvent, on opte pour la 2e option en se disant qu’on verra bien le mois prochain. Ce faisant, c’est le début des charges d’intérêt rétroactives et on ne réalise tout simplement pas ce qu’il va nous en coûter au bout du compte.
Pour certaines personnes, la carte de crédit constitue aussi le seul accès possible au crédit. Or, bien souvent, ces personnes sont déjà à risque en raison de revenus plus faibles ou d’un mauvais dossier de crédit. En leur donnant une carte de crédit, on ne fait qu’augmenter leur potentiel d’endettement à un taux d’intérêt trop élevé.
Que faire si le paiement minimum de la carte de crédit devient difficile à rembourser?
Si vous avez de la difficulté à effectuer le paiement minimum de votre carte de crédit chaque mois, il est préférable d’agir rapidement plutôt que de laisser la situation s’aggraver.
Quelques pistes peuvent faire une réelle différence:
- Établir un budget réaliste.
- Limiter les nouveaux achats à crédit.
- Prioriser le remboursement des dettes les plus coûteuses.
- Vérifier si une marge de crédit ou un prêt à taux inférieur pourrait réduire les intérêts.
- Demander conseil avant que les paiements ne deviennent impossibles à respecter.
Nos conseillers et syndics le constatent chaque jour, plus on intervient tôt, plus les solutions sont nombreuses.
Une réforme toujours pertinente?
La hausse graduelle des paiements minimums est maintenant derrière nous, mais les raisons qui ont motivé cette réforme demeurent toujours d’actualité.
Le paiement minimum de 5% permet de limiter les coûts d’intérêt et de raccourcir la période de remboursement. Toutefois, dans un contexte où plusieurs ménages doivent composer avec un coût de la vie élevé, cette obligation peut également exercer une pression importante sur leur budget mensuel.
Peu importe le contexte économique, la meilleure façon d’utiliser une carte de crédit demeure la même: rembourser le solde en totalité lorsque c’est possible. Si les dettes commencent à s’accumuler, il est préférable de demander conseil rapidement afin d’éviter que les intérêts ne prennent le dessus.
Par Pierre Fortin
Jean Fortin & Associés
Conseiller en finances personnelles
Syndic autorisé en insolvabilité
Quand les difficultés financières deviennent trop lourdes à assumer, des solutions existent, surtout quand on agit tôt. Parlez-en avec l’un de nos conseillers, sans frais.
Pertinents pour vous
Équilibrez votre budget personnel
Parfois, travailler votre budget avec l'aide d'un professionnel permet d'identifier des pistes de solutions pour un budget équilibré.
Budget en ligne
Établissez votre budget pour suivre vos dépenses réelles et effectuer une saine gestion de vos priorités financières.
5 choses à ne pas faire en ce temps de crise
Vous éprouvez des difficultés financières? Voici 5 choses à éviter absolument pour ne pas aggraver votre situation.