Êtes-vous prêt pour la hausse des paiements minimums sur les cartes de crédit?

À partir du 1er août, vous verrez apparaître une hausse de 0,5% du paiement minimum mensuel exigé sur le solde dû de votre carte de crédit. Le minimum passera donc de 3% à 3,5%. Attention ça risque de coûter cher, surtout en cette période d’inflation et de taux d’intérêt en hausse…

À partir du 1er août, vous verrez apparaître une hausse de 0,5% du paiement minimum mensuel exigé sur le solde dû de votre carte de crédit. Le minimum passera donc de 3% à 3,5%. Attention ça risque de coûter cher, surtout en cette période d’inflation et de taux d’intérêt en hausse…

En effet, en 2018 le gouvernement du Québec modifie la Loi sur la protection du consommateur pour prévoir que:

  1. Toutes les cartes de crédit émises à partir du 1er août 2019 doivent avoir un paiement minimum d’au moins 5% du solde;
  2. Pour toutes les cartes émises avant le 1er août 2019, le paiement minimum doit augmenter de 0,5% chaque année pour atteindre 5% en 2025.

Exemple:

Pour un solde de 5000$ le paiement minimum passera de 150$ à 175$. C’est donc 25$ de plus par mois qui viennent s’ajouter aux hausses dues à l’inflation et à l’augmentation des taux d’intérêt. Une tuile de plus pour les gens qui ont des marges de crédit et hypothèque à taux variables. N’hésitez pas à calculer le coût de vos cartes de crédit ici.

Pourquoi le gouvernement a-t-il cru bon de forcer les institutions financières à augmenter leur paiement minimum? Pour protéger les consommateurs contre le mirage du faible paiement minimum qui crée en contrepartie des frais exorbitants en intérêts.

Comme on le sait, les cartes de crédit sont l’une des formes de crédit les plus faciles à obtenir, mais aussi les plus dispendieuses. Avec des taux «réguliers» de 19,9%, elles ne devraient d’ailleurs jamais servir d’outil de financement. À cet égard, les marges de crédit sont bien plus abordables grâce à leurs taux moindres.

Pourquoi les cartes sont-elles si populaires?

Alors, pourquoi y a-t-on autant recours? Pour plusieurs, y compris l’auteur de ces lignes, la carte de crédit est un mode de paiement à la fois pratique et sécuritaire. Or, lorsque la facture arrive, si on a le choix, soit qu’on se serre la ceinture pour payer la totalité du solde ou on s’en tient au paiement minimum requis. Bien souvent, on opte pour la deuxième option en se disant qu’on verra bien le mois prochain. Ce faisant, c’est le début des charges d’intérêt rétroactives et on ne réalise tout simplement pas ce qu’il va nous en coûter au bout du compte.

Pour certaines personnes, la carte de crédit constitue aussi le seul accès possible au crédit. Or, bien souvent, ces personnes sont déjà à risque en raison de revenus plus faibles ou d’un mauvais dossier de crédit. En leur donnant une carte de crédit, on ne fait qu’augmenter leur potentiel d’endettement à un taux d’intérêt trop élevé.

Protéger les consommateurs contre les frais exorbitants

Ainsi, pour une dette de 1000$ qu’on payait à coups de versements minimums de 2% en 2018, cela représentait plus de 2000$ en frais d’intérêt seulement. C’est deux fois plus que le solde initial! C’est un miroir aux alouettes, car on laissait croire qu’un achat de 1 000$ pouvait facilement être remboursé à raison de 20$ par mois. Ce faisant, les gens ne se rendent pas toujours compte du coût astronomique en intérêts qui y est rattaché. Pour le même montant, si vous payez au taux de 3,5%, il vous en coûtera 748$ en intérêts. Ce coût diminue à 442$ avec un paiement minimum de 5%.

Lorsque les paiements minimums étaient de 2%, il n’était pas rare de voir des estimations de remboursement de la dette étalées sur plus de 80 ans! Pour toutes ces raisons, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a décidé de forcer les institutions financières à sabrer les frais d’intérêt en leur imposant une hausse du paiement minimum.

Est-ce le bon moment?

L’objectif de l’OPC en 2018 était donc tout à fait louable. Mais avec les turbulences que nous traversons présentement, est-ce toujours une bonne idée de maintenir le cap sur la hausse du paiement minimum? À l’heure où les gouvernements s’efforcent de trouver des moyens pour aider la classe moyenne à faire face à l’inflation ne devrait-on pas donner une année de répit aux consommateurs les plus endettés? La question mérite d’être posée.