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Quand nos enfants ont des problèmes financiers

Tel que publié le 20 avril 2019 dans Le Journal de Montréal.

 

Peu avant les Fêtes, Jean-Pierre a prêté 2000 $ à son fils de 26 ans, William, pour la deuxième fois en six mois. Il y a quelques semaines, le jeune homme lui a encore demandé un prêt de 1000 $.

Son père craint que l’achat récent d’une résidence par son fils et sa conjointe ne leur cause des ennuis financiers. Comment peut-il les aider ?

En tant que parent, le premier réflexe lorsque notre enfant adulte nous demande de l’aider financièrement est souvent d’accepter, si on en a les moyens. Mais prêter quelques centaines ou quelques milliers de dollars ponctuellement ne réglera rien si la personne est très endettée. Idéalement, il faudrait s’attaquer à la source du problème, car sinon, les mêmes difficultés ressurgiront inévitablement quelques mois ou semaines plus tard.

 

Trop de dettes à rembourser

Jean-Pierre a essayé d’aborder la question avec son fils, mais il a refusé d’en discuter, ne voyant pas d’un bon œil que son père se mêle de ses affaires. Il a insisté et proposé à William et sa conjointe de consulter un professionnel en réorganisation financière, ce qu’ils ont accepté.

Le syndic a noté qu’ils gagnent respectivement un salaire de 62 000 $ et 68 000 $ par année. Le couple a donc un bon revenu et il a acheté une maison de 325 000 $, avec un paiement hypothécaire mensuel de 1625 $. Les frais de mutation (taxe de bienvenue), représentent un montant de 300 $ supplémentaire par mois, et les taxes et chauffage 514 $. « Ce n’est pas l’achat de leur résidence qui les place dans une mauvaise position, puisque les coûts liés à celle-ci représentent 20 % du salaire brut du couple, alors que la Société canadienne d’hypothèque et de logement considère que le maximum est de 35 %. La cause des difficultés est plutôt un cumul de l’endettement créé par l’aménagement de la maison et les frais de déplacement liés au travail. De plus, les 300 $ par mois d’arrérages de la taxe de bienvenue n’arrangent rien », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

En effet, s’installer dans leur maison a été coûteux (achat de rideaux, de meubles, aménagement paysager, etc.) et la majeure partie de ces dépenses a été payée avec leurs cartes de crédit, qui atteignent maintenant 14 500 $. L’horaire de travail de William l’oblige aussi à effectuer 40 kilomètres matin et soir en voiture, ce qui coûte cher en essence et entretien.

 

Budget déficitaire

À cela s’ajoute le prêt étudiant de 24 000 $ de William (remboursement mensuel de 250 $) et les deux prêts auto (875 $ par mois). Au bout du compte, le budget familial est déficitaire d’environ 450 $ par mois et il n’est donc pas étonnant que le couple peine à joindre les deux bouts.

« Leur taux d’endettement étant toutefois relativement raisonnable – 32 % comparativement à la limite de 40 % tolérée par les institutions financières – nous leur avons suggéré de demander une marge de crédit de 18 000 $, afin de rembourser immédiatement le solde des cartes de crédit et la taxe de bienvenue. Avec un taux de 9 %, ils économiseront en frais d’intérêts plus de 4500 $ sur cinq ans et leurs paiements mensuels sur cinq ans seront réduits de 875 $ à 375 $ par mois, ce qui respecte leur capacité budgétaire », fait valoir Pierre Fortin.

 

Conseils

  • Si votre enfant adulte vous demande souvent de lui prêter de l’argent, tentez de le convaincre de dresser un portrait de sa situation financière pour trouver la source du problème.
  • S’il refuse de se plier à cet exercice avec vous, il pourrait rencontrer une personne neutre ou un conseiller en réorganisation financière pour le faire.
  • La meilleure aide n’est pas toujours financière. Aidez-le plutôt à établir un budget, élaborer un plan d’action pour rembourser les dettes et accompagnez-le durant ce processus.
  • L’aide financière comme telle devrait se limiter aux besoins essentiels (nourriture, dépenses urgentes) plutôt que d’effectuer les paiements minimums sur des dettes.

 

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